Mai 2008. Conservatoire de Digne. Je me retrouve ici, un an après. Rien n'a changé. Je vois ces escaliers, ceux que j'avais dévalé en courant, un an auparavant. Il faut que j'attende le moment où il m'appelleront. C'est déjà a moi. Ils ont pris de l'avance. Je m'avance vers le jury, et présente mes morceaux. Les quatre hommes me fixent. L'angoisse commence a monter. Je m'assois devant le piano. Mes jambes tremblent, mes doigts tremblent, terrorisés ; J'essaye de retrouver mon souffle. Ma prof juste derrière moi, là pour me rassurer. Je commence le morceau imposé. Dès les premières notes, me trompent. Je me reprend et tout se passe au mieux jusqu'à la fin. Je commence mon morceau libre. « Concertino ». L'enchaîne un peu trop vite, peut être. Je joue. J'y arrive. Je me lève. Salue. Récupère mes morceaux. Je retrouve ma mère. Je crois que j'ai réussis. Je me sens légère, levé d'un poids. Des milliards de questions défilent sans ma tête : Est-ce que j'ai fais au mieux, Est-ce que c'était bien? Tout en étant sur, au fond de moi de m'en être sortis. Tout le monde est passé. Ils rappellent une dernière fois les retardataires. Ils ferment les portes. Ils doivent maintenant délibérer. Je ne sais pas combien de temps s'est écoulé. Un heure et demie, peut être deux. On nous rappelle. Bénédicte k...il cherche sur la feuille. Je retiens mon souffle. "Non admis"Je me glace sur place. Je ne peux plus bouger. Ma gorge se ressère. Ma vue s'embrouille. Tout ce qui était autour de moi, me paraissait alors irréel. Je réagis enfin. Je sors de la salle. Je pleures et pleures, des torrents de larmes. De vraies larmes. Pa celle que l'on verse, lorsqu'on se fait mal, on encore par ce qu'on s'est fait enguelé. Non. Ces vraies larmes d'une tristesse énorme et profonde qui déchire le c½ur et qui nous donne une impression de vide au creux du ventre. Des larmes de souffrance intérieur. Des larmes de haine et de déception. Tout comme l'année auparavant. Un juge vient vers moi, tente de m'expliquer. J'entends des bribes de phrases « attitude qui compte »...Alors quoi? C'était ça? Tout ca parce que mon stress se ressentait. Comme si je n'avais eu aucune pression. Une salle bondée de gens qui te dévisagent et t'écoutent. Et moi j'aurais du être «à l'aise » ? Je rêve la. Pourtant non. Je m'étais appliqué. Je pensais que ça avait eu un bon son. Je crois qu'ils ne comprennent pas. Ils ont brisés un rêve. Mon rêve. Le rêve de tout une vie peut être. Je dois apprendre à contrôler mes émotions. Je ne sais pas si je pourrais arriver. Je ne voulais pas abandonner. La musique, c'est ma passion.C'est ma vie. Et ça, vous poouvez pas comprendre. La fin.
Je crois au destin. Il est parfois cruel.